Les Plaies D’EGYPTE
Plantons le décor ! L’apocalypse sévit depuis déjà un siècle. Dans sa fougue, le soleil projette du Mercure une langue de feu, lourdement chargée de magma stellaire, qui l’englobe totalement et la rend trois fois plus grande. Sa métamorphose lui confère une force d’attraction voisinant celle de Jupiter.
Il
se trouve qu’avant de mourir, Moïse nomma Josué comme successeur pour
conduire les Hébreux au-delà du Jourdain et les lancer à la conquête du pays de
Canaan[1]. Cette transmission de pouvoirs projette
systématiquement le cataclysme, dont découle le déluge universel, à la fin de l’Exode, attendu qu’il s’est produit
après la victoire de Josué sur les Amoréens.
A
propos de Josué, un verset biblique précise qu’il se prosterna devant le chef de l’armée de l’Eternel. Celui-ci
est d’autant plus facilement identifiable à l’archange Michel que sa
contemporanéité avec Moïse est avérée par le fait qu’il réclama sa dépouille au
diable. Josué apparaît comme subordonné à ce chef angélique (Jos. 5, 13-15).
Cette indication a surtout pour but de rappeler que Josué ne combattait pas
seul, mais que l’armée de Dieu était à ses côtés.
Avant que Pharaon ne se décide enfin à libérer le peuple hébreu, l’Egypte a du subir un enchaînement de fléaux évoqués dans la Bible en termes de plaies. Ce sont les dix châtiments que dans la tradition judéo-chrétienne, Dieu aurait infligé à l’Egypte :
« …les grenouilles montèrent et recouvrirent l’Egypte »
« …toute la poussière du sol se changea en moustiques »
« …des taons en grand nombre entrèrent […] dans tout le pays d’Egypte »
« …tous les troupeaux des Egyptiens moururent »
« …gens et bêtes furent couverts d’ulcères bourgeonnant en pustules»
« …Yahvé fit tomber la grêle sur le pays d’Egypte »
« …les sauterelles […] couvrirent toute la surface du pays… »
« …il y eut d’épaisses ténèbres… »
« …tous les premiers-nés mourront dans le pays d’Egypte… »
Les analystes ont pour beaucoup touché du doigt la cause des plaies d’Egypte, en l’attribuant à l’éruption du Santorin, ce en quoi il y a effectivement et comme nous le verrons quelques similitudes quant aux effets produits par une éruption volcanique et la chute d’un corps céleste.
Les eaux du Nil changées en sang résultent à n’en pas douter, des retombées de poussières vermillon, dues à la chute d’un météore pour lequel je soupçonne un objet caché dans la toison de la comète. Même si la Bible n’en laisse rien paraître, les détails afférents à ces jours conduisent immanquablement vers une hypothèse de ce genre.
-
« L’Eternel dit à Moïse: Dis à
Aaron: Prends ta verge, et étends ta main sur les eaux des Egyptiens, sur leurs
rivières, sur leurs ruisseaux, sur leurs étangs, et sur tous leurs amas d’eaux.
Elles deviendront du sang: et il y aura du sang dans tout le pays d’Egypte,
dans les vases de bois et dans les vases de pierre. »
(Ex. 7,19).
Des
détails portant sur l’infiltration, dans des endroits comme les vases, marquent
la finesse et la volatilité des particules. Ce phénomène pose la question de
savoir quelles matières ou matériaux peuvent produire de genre de poussière ?
Le cinabre s’est imposé à mon esprit avec une telle vigueur, qu’il m’a semblé
indispensable d’explorer cette voie. Le cinabre est une substance minérale
composée de sulfure de mercure. Il entre dans la composition des peintures pour
donner le vermillon. Sa toxicité est d’autant plus sûrement établie qu’il contient
environ 86,2 % de mercure pour une densité comprise entre 8 et 9[2]. Sa nocivité pourrait à elle seule
expliquer l’empoisonnement des eaux.
Quoi qu’il en soit, le rapport entre le cinabre, porteur de mercure et le nom de la planète est, quant à lui, indéniable. Le nom de Mercure lui aurait été donné au début de la création, à titre prophétique, en rapport avec ce métal aux multiples propriétés dont elle sera finalement amplement dotée. Dans le même ordre d’idées, le nom de la mer « Rouge » trouverait son origine dans la première plaie. A titre indicatif, soulignons que le cinabre est insoluble dans l’eau et dans les acides dilués. Quoi qu’il en soit, rien n’empêche l’eau de se charger en particules, d’en prendre la couleur et la dangerosité.
Les grenouilles. L’empoisonnent du Nil est avéré par le fait que les poissons en crèvent et que son eau est même rendue suffisamment nocive pour entraîner la mort des humains dans de grandes souffrances. La nocivité de l’eau pourrait expliquer que les grenouilles quittent leur milieu naturel pour se réfugier vers les zones habitées en quête d’abris moins pollués, mais pour elles, le mal est déjà fait et elles crèvent dans les endroits où elles se sont cachées.
Plaie n° 3 –
La poussière du sol se changea en moustiques, mais sur ce point, les écrits sont divergents. Pour la Bible de Jérusalem, ce sont des moustiques, pour la Bible Segond, des poux.
Une
prolifération aussi considérable d’insectes, à partir de grains de poussière me
laisse profondément perplexe, attendu que rien ne se crée à partir de rien et
d’autre part que les prophéties sont dans de nombreux cas, dépeintes par des
allégories et des métaphores. Partant de cette constatation, la poussière du
sol qui se change en moustiques ou en poux représente plus vraisemblablement,
de manière métaphorique, les effets ressentis par la peau au contact de
particules corrosives. En dépit d’une nocivité avérée, le cinabre, à lui seul,
ne peut produire cet effet.
La sensation de piqûre semble dénoncer une forte acidité, à savoir que la piqûre est la première sensation ressentie par la peau en cas de brûlure par acide, dont la présence peut s’expliquer par les transformations chimiques qui s’opèrent au cours des éruptions volcaniques. Or, il me semble justement entrevoir certaines similitudes entre une éruption de cette nature et la chute d’un gros météore, dont nous savons qu’elle se traduit par un fort dégagement dioxyde de soufre (SO2). Ce gaz nous intéresse en ce sens qu’au contact avec la vapeur d’eau de l’atmosphère, il a pour particularité de se transformer en acide sulfurique liquide (H2S04) et devient ce qu'on appelle un aérosol, c’est-à-dire, une composition de fines gouttelettes de quelques dixièmes de microns de diamètre. Reste à savoir que l’acide sulfurique compte au nombre des substances les plus corrosives. Mélangées à la poussière, les fines gouttelettes transmettront à leur hôte leur propre virulence.
Plaie n° 4. _
En ce qui concerne la quatrième plaie, les divergences sont encore plus déroutantes. La Bible Segond évoque des mouches venimeuses, la Bible de Jérusalem des taons. En vérité, je ne crois ni aux mouches ni aux taons, mais à des métaphores pour marquer la douleur infligée, je suppose, par des particules plus importantes et probablement très légères, fortement imprégnées d’acide. Leur retombée, assez lente, pourrait rendre leur vol comparable à celui des mouches, mais par leur taille, elles infligeraient cette fois de plus sérieuses brûlures. Peut-être faudrait-il chercher la solution, dans les fines particules de roches et de minéraux qui composent la cendre volcanique, dont la légèreté fait qu’elles peuvent retomber sur le sol après plusieurs jours. Certaines particules riches en silice font deux millimètres et peuvent atteindre la stratosphère, au-delà de 12 km d’altitude. Le problème, c’est que même cette faible taille ne permet pas de les assimiler à des mouches et encore moins à des taons, cette théorie étant, à priori, la seule envisageable.
Plaie n° 5.
Plaie n° 6 -
« L’Éternel dit à Moïse et à Aaron: Remplissez vos mains de cendre de fournaise, et que Moïse la jette vers le ciel, sous les yeux de Pharaon. » (Ex 9,8).
Le 6e fléau fait visiblement suite à une pluie de cendres. Les ulcères, en d’autres termes, les plaies et les pustules, trouveraient leur explication dans l’infection des plaies profondes, dues à l’acidité des particules en suspend, qui dans les conditions décrites, viennent forcément coller à la peau. A cet égard, ma vie professionnelle m’a mis en face du danger que représentaient les projections acides ou caustiques. Les brûlures causées par ces matières hautement corrosives continuent de creuser la peau durant des heures. On ne peut s’en prémunir que par un lavage à grande eau d’une dizaine de minutes à un quart d’heure.
Cela étant, les Égyptiens auraient dû rester sous la douche durant tout le temps que persista la poussière, c’est-à-dire trois jours et à condition que l’eau elle-même soit exempte de tout agent corrosif. Et pas question pour eux de plonger dans le Nil sans y laisser leur peau, au sens propre du terme. Il est à souligner que les animaux ne sont pas épargnés par ce sixième fléau et cela marque sa généralisation à tous les êtres vivants. Un germe infectieux n’est toutefois pas à exclure. La première théorie semble néanmoins plus crédible.
Plaie n° 7 –
Le septième fléau ne peut s’expliquer, qu’en reprenant quelques expressions bibliques :
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« Yahvé fit tomber la grêle sur
le pays d’Egypte. Il y eut de la grêle et le feu jaillissait au milieu de la
grêle, une grêle très forte, comme il n’y en avait jamais eu au pays des
Egyptiens depuis qu'ils formaient une nation.
La grêle frappa, dans tout le pays d’Egypte, tout ce qui était dans les
champs, hommes et bêtes. La grêle frappa toutes les herbes des champs et brisa
tous les arbres des champs. »
La Haggadah de Pessah précise que le feu était enclos dans les glaçons. Nous retiendrons quant à nous que la grêle comprenait tout à la fois des glaçons et des pierres incandescentes. Qu’ils se composent de pierre ou de glace, les grêlons devaient être anormalement gros pour briser tous les arbres des champs. A cet égard, le verset AP. 16:21 de l’apocalypse évoque
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« une
grosse grêle, dont les grêlons pesaient un talent (25 à 30 kg), tomba du ciel sur les hommes ; et les
hommes blasphémèrent Dieu, à cause du fléau de la grêle, parce que ce fléau
était très grand. »
Je me demande s’il ne s’agit pas d’une pluie d’escarboucles, identique à celle-ci, d’autant plus vraisemblablement qu’elle procède de la même cause et à peu de choses près, dans le même temps.
Plaie n° 8 -
En raison d’un environnement hautement toxique, j’ai du mal à imaginer une invasion de sauterelles, pour lesquelles il est dit :
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« Elles couvriront la surface du sol
et l’on ne pourra plus voir le sol. Elles dévoreront le reste de ce qui a
échappé, ce que vous a laissé la grêle ; elles dévoreront tous vos arbres qui
croissent dans les champs. »
(Ex. 10, 5)
J’ai lu avec attention le passage de la Haggadah de Pessah concernant l’invasion de sauterelles. Si je m’en tiens strictement au texte, il s’agirait vraiment d’insectes orthoptères et qui plus est, d’une race particulièrement vorace et agressive. J’ai beaucoup de mal à imaginer, même des insectes, absorbant une nourriture terriblement toxique, encore que le bétail hébreu ne souffre nullement de leur consommation. Reste l’improbabilité de trouver sur terre une concentration assez importante de sauterelles pour couvrir entièrement l’Egypte. Il résulta de ce huitième fléau :
-
« Après les sauterelles, la
situation des Égyptiens était précaire. Les sauterelles avaient liquidé tout ce
qui avait subsisté après la grêle ; l’agriculture était gelée et les gens
criaient famine. »
La seule certitude, c’est que
l’invasion de sauterelles est également liée au chaos cosmique, mais comment
expliquer l’inexplicable ? Par un miracle ? L’origine des sauterelles
reste une énigme à laquelle je suis bien incapable de répondre.
Plaie n° 9 –
Il est étrange que les ténèbres figurent en avant-dernière position, étant donné que le premier point montre que le Nil et toutes les eaux sont déjà chargés de poussières rouges. Je ne vois pourtant pas d’autre explication qu’un épais manteau de poussière couvrant le Soleil, après la chute d’un gros météore, c’est en tout cas ce qui semble ressortir de cet extrait de la Haggadah :
-
« Et voilà qu’un beau matin,
alors que le Soleil brillait de mille feux, les ténèbres enveloppèrent d’un
coup, toute l’Égypte. C’était une obscurité
épaisse, ne découlant pas seulement d’un manque de lumière, mais que
l’on pouvait palper. Ils avaient beau allumer des torches et des bougies,
l’obscurité persistait et ils ne pouvaient
rien voir, malgré leurs yeux ouverts. Ils ne pouvaient même pas distinguer
la main portée à leurs yeux. Des pensées ahurissantes parcouraient l’esprit des
Égyptiens : Peut-être sommes-nous devenus aveugles ? »
Le fait que la lumière des torches et des bougies ne perce pas l’obscurité, ou que les mains portées devant leurs yeux ne puissent être distinguées, marque, a priori, une poussière extrêmement dense, comme il s’en produira, quelques années plus tard, au cours du sixième sceau. L’obscurité dura trois jours, mais pour les Hébreux, la lumière du jour était éclatante. Cette distinction ne s’explique que par une intervention divine.
Plaie n° 10 –
Reste la mort des premiers-nés de chaque famille. Ce fléau est inexplicable et je ne me sens pas le droit de me livrer à des suppositions, car il relève indubitablement du miracle et en tout cas, de choses qu’il nous est impossible de savoir et je crois que sur ce point, personne n’a encore jamais trouvé de réponse. En effet, rien ne peut expliquer une sélection aussi drastique que celle-ci :
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« Au milieu de la nuit,
l’Eternel frappa tous les premiers-nés dans le pays d’Egypte, depuis le
premier-né de Pharaon assis sur son trône, jusqu'au premier-né du captif dans
sa prison, et jusqu'à tous les premiers-nés des animaux. Pharaon
se leva de nuit, lui et tous ses serviteurs, et tous les Egyptiens; et il y eut
de grands cris en Egypte, car il n’y avait point de maison où il n’y eût un
mort. » (Ex. 12, 29 - 30).
Le véritable miracle, c’est qu’il suffisait aux Hébreux de marquer leur porte avec du sang d’agneau pour échapper à cette plaie. On peut toutefois imaginer une armée d’anges, chargés de cette mission, sélectionnant sur ce seul critère les maisons à épargner. Il s’est produit plus de miracles en ces jours-là qu’en tout autre temps. Si certains sont explicables, d’autres comme la sélection drastique, quant aux effets produits sur les Egyptiens et leurs troupeaux par toutes les plaies, sans que les Israélites ne soient jamais impactés en est le meilleur exemple. Notons toutefois une exception :
-
« Pendant les trois premiers
jours de la plaie des ténèbres, Dieu profita d’anéantir 80%
des enfants d’Israël
(certains disent 98%
et d’autres 99%). Les pleurs des
enfants d’Israël furent étouffés par le tumulte qui régnait alors en Égypte, de
telle manière que ce deuil passa inaperçu. »
La mort des enfants d’Israël pourrait ne pas être une sanction, mais dans les faits, cette décision pourrait poursuive un autre but. Les voies de Dieu étant impénétrables, je ne me sens pas le droit de partager mon opinion. Reste à savoir si la Haggadah de Pessah rapporte l’exacte vérité. Cela dit, je n’ai pas la prétention d’avoir résolu toutes les énigmes afférentes aux plaies d’Egypte, notamment à cause des dissonances entre les différents récits. Ma seule conviction, c’est qu’elles dépendent toutes d’une conjoncture à laquelle la comète est d’autant moins étrangère, qu’elle constitue le poing vengeur de Dieu. A cet égard, le papyrus d’Ipuwer fait une description similaire des plaies et fléaux décrits dans l’Exode.
« La terre est
couverte de plaies. Il y a du sang partout.
Les arbres sont
brisés.
On ne trouve plus ni
fruits, ni légumes.
C’est vrai, des
portes, des colonnes, des murs ont été dévorés par les flammes.
En vérité, tout ce
qui était encore visible hier a péri. La terre est aussi dénudée qu'après la
coupe du lin.
En vérité, la semence
a péri de toutes parts.
Et il y eut une
obscurité épaisse sur tout le pays d’Egypte.
Partout
on voit ceux qui placent leur frère dans la tombe. »
On ne peut que constater la parfaite cohérence entre le papyrus et les plaies précédemment décrites. Néanmoins, le sang qui colore le monde en rouge est évoqué dans plusieurs textes, hymnes ou épopées d’autres cultures, de divers points de la planète.
Dans son ouvrage intitulé La Guerre des Juifs, Flavius Josèphe rapporte qu’au temps de Moïse :
«
Le fleuve, sur l’ordre de Dieu, devint couleur de sang et roula des eaux qu'il
était impossible de boire ; or, d’autres eaux potables, ils n’en avaient
point, et ce n’était pas seulement par la couleur que le fleuve était devenu
répugnant : quiconque tentait d’y boire était saisi de maladie et de
cruelles souffrances. Tel était l’effet qu'il produisait sur les Egyptiens
; mais pour les Hébreux ses eaux étaient douces et potables et n’avaient pas
changé de nature. »
A moins de lui trouver une autre
cause, on peut voir dans « la maladie et les cruelles
souffrances » les symptômes produits par ingestion de mercure
ou d’acide. Notons toutefois que l’eau
restait douce et potable pour les Hébreux, je ne trouve à cela aucune
explication rationnelle, à moins qu’ils n’aient disposé d’un système de
filtration inconnu des Egyptiens. Si la plupart des mystères bibliques trouvent
une réponse plausible, voire logique, un certain nombre, comme le fait que les
Hébreux puissent boire de l’eau empoisonnée, ne trouve aucun éclaircissement.
Il faut néanmoins rapporter au futur ce qui appartient au futur et de cette
époque, nous ne connaissons rien !

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